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sur un sylvestre sentier
Il est facile de se moquer. Par exemple dire à un imbécile qu’il est intelligent est un menu plaisir pour un esthète. Laissez-moi vous conter une aventure plutôt cocasse qui m’est arrivée il y a quelques mois. J’allais par monts et par vaux à la recherche de l’âme sœur, qui se dérobait toujours à ma quête pour ainsi dire désespérée, lorsque je la rencontrai au détour d’un sylvestre sentier à la tombée de la nuit que je savais de pleine lune. Vous pensez bien que mon émoi se précipita sur mon visage, colorant mes joues d’un vermeil éclatant. Le souffle coupé par les ciseaux d’argent de Cupidon, le cœur atteint par une flèche de ce même Cupidon, je me jetai sur elle, la renversant sur le sol rugueux pour lui transpercer son hymen supposé. Mais qu’elle fut ma déception lorsque je réalisai qu’elle n’était point vierge ! J’allais pour la massacrer à coups de poing et de pied lorsqu’elle me sourit stupidement ― alors que j’eusse préféré qu’elle me sourît divinement. Vous pensez bien que ce sourire idiot désarma ma vindicte ainsi que l’union sacrée désamorce tout espoir de vivre en paix. Je partis alors d’un éclat de rire à vaincre le mur du fond, laissant entendre à la belle endolorie que son idiot sourire avait pour moi la saveur de l’ambroisie. Puis je l’arrachai au sol rugueux et bottai la beauté à l’arrière-train afin qu’elle s’écartât de mon chemin. Voilà mes amis l’aventure qui m’advint à la tombée d’une nuit de pleine lune, au détour d’un sylvestre sentier.
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