|
Variations sur l' Iconoclastie |
|
Souvenirs d'une époque où, à l'instar d'Amélie Nothomb, je fus brièvement affectée (soi-disant en guise de mesure disciplinaire) à des tâches tellement faciles à saboter que c'en était un pur plaisir.
L'ère spatiale avait 50.000 ans. Les migrations humaines s'étaient succédées par vagues innombrables, d'étoile en étoile, en quête de gloire et de richesse.
L'étendue Gaïenne était cette partie de la galaxie que l'homme parcourait en tous sens avec l'appui de sa science, de sa magie et de sa folle témérité. Les hommes étaient venus et repartis, poussés par les guerres, les religions, et d'inexplicables contraintes.
L'extrême lisière de l'aire Gaïenne est bordée par une impressionnante poche de vide : le Grand Néant. Cette zone est quasiment inexplorée. Rien n'y attire les spationautes. Au centre même du Grand Néant brille l'étoile Cirroco. Autour de ce soleil gravite la planète Jones, semblable par sa biosphère à la mythique Gaïa.
Jones est habitée. Nul ne sait combien de vagues migratoires humaines ont franchi le Grand Néant. Les derniers arrivés furent 7 vaisseaux spatiaux d'Adorateurs du Saint-Matox venus de Rebecca. Le groupe du 7ème vaisseau refusa d'admette le dogme de la transsubstantiation du Matox sur Jones et fut exilé en Olivia, une île rocheuse et désertique. Les 6 groupes divisèrent Jones en 6 diocèses et organisèrent un Etat suivant les Préceptes de la Vraie Reproduction.
Quand un moine de l’Archevêché dévoila le caractère profane de la reprographie, les interprétations contradictoires de la Bible Xérox, dispensatrice de la Divine Parole, entraînèrent schismes et hérésies.
Et c'est ainsi que toutes les photocopieuses de l’univers furent brûlées vives.
|