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Quoi, tu as peur, tu pleures ? C'est rien, va, tu auras au moins connu la solution saline qui procure l'oubli d'un engourdissement maudit.
Lavage à grandes eaux salées, torsion sous les vents du large, criques sauvages et vagues en rouleaux, il m'a fallut en passer par là pour retrouver un peu de fluidité. Lisse, vierge, glissant est mon esprit et ainsi, se retrouve, flottant sur le courant du moment, ne retenant rien, n'en gardant guère plus, affichant absent et se contrefoutant de vouloir bien se plier à mes arguments. Et je sais, pourtant, que les mots vont revenir se bousculer au portillon, faire les beaux, les fiers, danser la gigue sous ma calotte crânienne pour pouvoir se coucher sous ma plume. Une fresque devinée avant d'être gravée à la pierre de vie, où encre et ancre se confondent, où le mélange ne peut rester longtemps attaché au port. Car il lui faut naviguer, affronter des tempêtes, connaître des visages nouveaux et des bras différents. Se frotter à l'échine des mers, au rabot des rochers, à l'usure du sable, voilà qui ouvre la route de la soie et même celle du rhum ! Remonter à contre-courant sur les traces de Marco-Polo, suivre le mouvement immense des éléments, plonger sans relâche et remonter encore, disperser à tous vents, l'effervescente langueur, d'un fatras irradié par les forces du monde ...
Je pars et je reviens Tu danses et te souviens On pleure toujours un peu Des drames au fond des yeux
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