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J'arriverai par l'ascenseur de 22h43 Et je r'viendrai relever le compteur de ton ennui Il te faudra sans doute changer de tête Et puis brancher ton cerveau sur ton coeur Rien ne sera plus jamais comme avant
Hubert-Félix Thiéfaine
L'aime pas le ciel qui pleure, ou l'vent qui gueule L'aime pas qu'on l'emmerde quand elle veut être seule L'aime pas les cons qui la branchent bien bien lourd Surtout l'aime pas du tout faire le trottoir Elle, c'qu'elle aime c'est son clope, tranquille, peinard Quand elle ne supporte plus ses entours Elle quitte son bureau, fuit la camisole L'ascenseur l'envole au quatrième sous-sol Dans sa p'tite voiture, sous les néons blêmes Elle se roule son p'tit bédo de l'aprèm. Elle allume, et c'est toujours là qu'elle m'appelle Moi, j'attends, c'est la pause dans mon chômage D'un "oui" long et joyeux, elle m'aquarelle On se regarde de la voix, caresses sages Je lui vole des sourires, elle m'offre ses rires Seuls, au fond de la terre, on se chavire On se tangue, on s'aime et on se cajole A grands coups de nous et de petits riens Pendant un clope ou deux ou encore plein Avec ma fille du quatrième sous-sol
Et puis bien nicotinée et aimée Elle me laisse seul avec ses mots en gage Reprend l'ascenseur et rejoint sa cage Faut bien, y'a la pointeuse à soudoyer Je reste avec notre histoire, sans paroles L'oreille toujours collée au combiné Silences, mémoire de notre intimité Quelque part dans un quatrième sous-sol J'ai plus qu'à m'concentrer à bien chômer En veille d'un demain encore à choyer Où nous redeviendrons cavernicoles Planqués encore au quatrième sous-sol
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