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faisons court et cristallin
J’étais en chaise à porteurs, heureux comme un poisson dans l’eau à regarder le paysage qui défilait tout en bas du précipice quand les gros bras avinés titubaient près du vide, imprimant à mon humanomobile un tangage sévère qui me montrait les dessous du paysage, lorsque soudain m’apparut le Christ une bouteille à la main sur l’étroit sentier raviné que suivaient, ahanant, mes porteurs avinés. Nous trinquâmes à la santé de l’humanité, puis échangeâmes nos numéros de mobile dernière génération. Cette rencontre n’était pas due au hasard. Elle participait d’un plan divin. Mais comme chacun sait que les voies du Seigneur sont impénétrables, je ne m’attardai point à des suppositions qui seraient pour le moins hasardées. Je me devais néanmoins d’en informer illico les gazettes. Ce que je fis, dès atteinte la vallée, une foule hagarde et silencieuse priant à genoux sur mon passage. Et c’est ainsi que le monde sut que Jésus et moi étions copains comme cochons bien que nous n’eussions point gardé les vaches ensemble.
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