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adoré et adorable
― Je crois vous avoir dit que je n’allais pas bien ce jourd’hui. ― Vous me l’avez fait entendre. ― Et qu’il serait sans doute souhaitable que je ne m’escrime point à tremper ma plume dans l’encrier. ― Il est vrai que… ― Et que par conséquent mes fidèles lecteurs qui m’adorent tant… ― Qui vous idolâtrent ! oui. ― Vont terriblement souffrir de devoir se passer de ma prose ce jourd’hui. ― S’il vous plaît, non, non, pas ça ! PAS ÇA !!! ― Hélas, je ne me sens pas bien. J’ai ma tête toute molle. Et même la cogner contre un édredon… ― Non, maître, cher maître ! Pas contre un édredon ! ― Même si cet édredon est empli de duvet d’oison ? ― Ah si cet édredon est empli de duvet d’oison… ― Vous voyez. Vous voyez que j’ai raison. ― Maître, cher maître, maître adoré ! je sais que vous avez raison en toute saison ! Mais… ― Veuillez annoncer aux multitudes que ne paraîtra point ma prose ce jourd’hui. ― Ah ! quelle douloureuse tâche vous m’imposez là, maître adoré ! ― Et que par conséquent je décrète une journée de deuil national… et international pendant que j’y suis. ― Ah maître, adoré maître, combien vont souffrir les multitudes ! Quel affreux supplice leur faites vous subir ainsi ! ― N’importe-t-il point avant tout que ma prose demeure cristalline ? Qu’elle soit un exemple de pureté, de logique et de verres de rouge point coupés et bien tassés ? ― Maître, qui pourrait un seul instant ignorer Votre Verbe aviné… divin, veux-je dire ?! ― Devinez qui vient de prendre le train.
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