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Dans un jardin de galets
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Écrit par Mireille
  
Pas un arbre et du blond sur la terre
qui conduit l’homme vers le vent



On arrive quand les frissons colonisent la peau découverte trop vite. Il faut dire que le vent nous accompagne deux jours durant. On apprend à l’accepter car c’est presque à regret qu’on quitte l’Aire pour une autre terre. Avant, on cherche le sentier des éoliennes, la présence du troupeau et du berger. C’est le soir, les chiens attendent sans broncher. La peau de l’homme est couleur cuivre, son regard brun porte ailleurs, direction le grand nulle part. Il raconte qu’il n’est pas le berger mais son frère, ancien chauffeur du Président.

Pendant qu’on l’écoute, le temps est presque posé là, sur une table, dans un jardin de galets.

C’est un moment pour croire que rien n’échappe jamais à la vie. Recyclage éternité. Des bergeries se succèdent. La piste soulève quelques mots qui retombent plus tard sur la feuille d’un écran, dans le désordre… ou pas. J’aime le chaos des sensations, leur effet « retard ». Elles sont comme des fils qui se nouent pour mieux nous tricoter ensemble.

Mais bientôt les chemins s’estompent. L’autoroute surgit puis nous roule dans la civilisation, sa fourmilière et la chaleur qui nous écrase au sol comme des insectes anonymes. Avec elle la vitesse, un café avalé d’un trait parce qu’il faut continuer. Ensuite les murs, des avenues, les maisons toutes pareilles et par la fenêtre ouverte de sa voiture, le bras d’un homme qui conduit dans les alvéoles de l’été. Je le vois.
Photo sur mon écran.


Commentaires
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Georges Elliautou   |2010-08-12 09:39:20
Un moment de calme, d'espace et de liberté que tu sais très bien suggérer, Mireille.

Réponse de l'auteur :

Calme, espace, liberté... trois mots importants. Merci Georges :o)

José Verleyen   |2010-08-12 14:10:25
Moi itou j'aime ce "chaos" qui lie et unit.

Réponse de l'auteur :

C'est un chaos habité, José :o)

Claude Cordier   |2010-08-14 16:20:07
Et le grand méchant ours solitaire, célibataire, sans progéniture advint...et dévora le chien Patou pendant que le berger faisait le beau au volant de sa décapotable.
Je blague, merci Mireille de me transporter loin de ma cage le temps d'un fulgure.

Réponse de l'auteur :

J'aime bien les ours, moi, pourtant. Ceux des Pyrénées par ex. ;o) Et toi Claude, qu'est-ce que tu penses des loups ? Même combat, non ? Bises à toi :o)

Jones  - Dans un galet de jardin   |2010-08-21 12:21:06
Ce texte m'enchante, on a l'impression que l'horizon va s'élargir loin loin loin... des moutons, des chèvres, des vaches, et des arbres, plein plein d'arbres, et un ciel énorme, bleu à mourir, qui descend peu à peu comme un couvercle tout rapetisser, et nous, petites fourmis, rentrer dans nos tous petits trous.

Enfin, moi c'est ce que j'ai cru voir.

Bises, Mireille
Cirroco

Réponse de l'auteur :

Ca ressemblerait presque à une vision inversée, "dans un galet" et (là tu vas râler), c'est comme une vue poétique de la narration, que tu me donnes-là... Il y a du Baudelaire en toi, Miss Jones :o) Je t'embrasse, heureuse que ce texte t'enchante !

Sylviane Kerivel   |2011-06-15 09:33:30
De l'amour à craquer avec effet retard et de la nature par-dessus bord, un voyage éclair, éblouissant, qui pénètre en moi par tous les pores de ma peau érectile ...
Tellement bon de goûter à tout ça !!!
Une offrande :-)

Réponse de l'auteur :

Un vrai voyage éclair, Sylviane. Bon, alors je suis heureuse si ce texte peut te donner quelque chose qui se goûte. Merci à toi :o)

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