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Pas un arbre et du blond sur la terre qui conduit l’homme vers le vent
On arrive quand les frissons colonisent la peau découverte trop vite. Il faut dire que le vent nous accompagne deux jours durant. On apprend à l’accepter car c’est presque à regret qu’on quitte l’Aire pour une autre terre. Avant, on cherche le sentier des éoliennes, la présence du troupeau et du berger. C’est le soir, les chiens attendent sans broncher. La peau de l’homme est couleur cuivre, son regard brun porte ailleurs, direction le grand nulle part. Il raconte qu’il n’est pas le berger mais son frère, ancien chauffeur du Président. Pendant qu’on l’écoute, le temps est presque posé là, sur une table, dans un jardin de galets.
C’est un moment pour croire que rien n’échappe jamais à la vie. Recyclage éternité. Des bergeries se succèdent. La piste soulève quelques mots qui retombent plus tard sur la feuille d’un écran, dans le désordre… ou pas. J’aime le chaos des sensations, leur effet « retard ». Elles sont comme des fils qui se nouent pour mieux nous tricoter ensemble. Mais bientôt les chemins s’estompent. L’autoroute surgit puis nous roule dans la civilisation, sa fourmilière et la chaleur qui nous écrase au sol comme des insectes anonymes. Avec elle la vitesse, un café avalé d’un trait parce qu’il faut continuer. Ensuite les murs, des avenues, les maisons toutes pareilles et par la fenêtre ouverte de sa voiture, le bras d’un homme qui conduit dans les alvéoles de l’été. Je le vois. Photo sur mon écran.
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