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Ka sa yé misyé bobo Fo pa'w kon-prann bibi sé on kouyon Si tout lé mwen o founo Fo' wa tann vou on jou ké ni maldon Nétwayé, baléyé, astiké Kaz la toujou penpan
Zouk machine
(je ne comprends pas tout, mais, bordel, ça balance !)
Je cherchais l'arrêt de bus.
Nos regards se sont croisés, ça m'a fait loucher, ça l'a fait marrer, moi pas ! J'ai fermé les yeux pour les remettre en place, je me suis pris un poteau, un panneau de sens interdit. Comme je suis un rebelle reconverti, j'ai fait demi-tour, elle, a continué son chemin en pouffant.
Mon regard a croisé ses cheveux, elle, n'a rien vu. J'ai baissé les yeux.
Elle avait la fesse rebondie et bondissante, surtout la gauche, autour d'un string qui se la jouait ficelle. Elle balançait zouk, sans Knokke, je sifflotais "zouké moé, zouké moé" en les suivant, elle et sa zouk machination en me demandant quoi lui dire.
Perdu dans mes "Salut, ça va ? " ou encore plus percutant "alors, on s'promène ? ", j'ai révisé l'évitement sur quelques poteaux, mais pas tous, avant d'être bruyamment réveillé par un klaxon agaçant.
Un balourd, en allemande, déversant de la techno-chiure, potard mille ou plus, faisait de grands gestes pour attirer son attention, à travers sa vitre baissée. Elle a continué à tanguer, sans lui répondre, ça m'a donné le courage d'accélérer le pas.
L'autre lourdaud, accroché à son klaxon et à sa portière, continuait son ramdam !
Elle s'est arrêtée
- pour l'engueuler, me suis-je dit avec élégance,
et au bout de deux, trois mots, elle est montée, en souriant, dans la voiture qui a filé sans crisser.
J'en suis resté planté !
Mais comme tout a toujours du bon,
j'ai pris le bus,
...en crash-test !
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