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C’est une tête d’épingle sur une toile tendue à l’extrême, en Castille, chaude, extrêmement tendue, torride, sous le vol concentrique d’un vautour pesant et menaçant, mais si majestueux, si imposant, seulement par son silence.
Ayllón, je crois. Le nom du village.
Du passé au présent à l’image mal figée d’une façade décrépie, lépreuse, laissant transpirer autant quelques pierres taillées aux titres de noblesse multi centenaires, que d’autres emplâtres de briques tiers-étatiques remplissant dangereusement les absences de ce qui, finalement, cache à la rue un intérieur invisible comme un registre d’état civil refermé.
Le Vieux est là, dehors, assis sur une chaise qui, probablement, l’aura accompagné dans sa vie plus longtemps que sa propre épouse. Assis au soleil, une casquette plate scellée sur un crâne livide aux brins de cheveux blancs épars qu’on voudrait tant caresser.
Assis dans la rue, fixant dans sa main gauche ramenée devant son nez, un morceau de bakélite, une radio, grosse comme un livre et qui le retient à la vie par un fil invisible.
Et plus tard encore, sur la route, tirés aussi du passé, des sons époussetés, revenus à la vie, de l’ «Oreille en Coin », d’un Mermet, d’une Kriss, d’un Amadou.
Et maintenant, en plus, encore, ces lignes pour vous, pour nous, tous ces fils invisibles qui nous tissent sans relâche : notre vie, aussi unique qu’universelle.
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