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Shinjuku, un thé vert dans un café sans siège, juste le bar les gens et la barmaid qui s’agite en silence. Si, dixit Céline, New-York est une ville debout, Tokyo est une ville qui marche. Du thé et des Pickles en guise de déjeuner à six ou sept foulées de la gare centrale et dehors ce que le touriste vient voir : la fourmilière. Tellement cliché et pourtant tellement ça. Quand tu t’adresses à un japonais, tu t’adresses au japon- Mis à part une certaine jeunesse, tombée à terre un pied coincé dans l’étrier du système- ici trois mille ans d’un inconscient collectif palpable dans le regard de chacun. Je ne suis pas un blanc, pas un occidental, je suis un étranger, même si j’ai droit à tout le respect et toutes les courbettes d’usages. Le japon n’est pas une ile par hasard, le japon est un morceau d’autre chose, un vaisseau égaré, un papou en pleine jungle m’est plus familier qu’un cadre Tokyoïtes traversant l’avenue. J’y suis revenu, là où rien ne m’appartient, là où tout me déraille, où les prostitués donnent tout mais ne lâchent rien, où les enfants te connaissent déjà. Tokyo est une ville qui ne pleure jamais, une ville moteur avec une jeunesse qui crisse, une jeunesse qui s’éjecte. Shinjuku quartier effervescent de la gare centrale, je suis venu revoir Eika, une fourmi, un atome, une étoile.
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