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Florence est allongée sur le pavé. Elle rampe vers l’autre et sent les renflements humides de la pierre défiler contre ses côtes. Le flic, celui qui a balancé la crosse contre sa pommette, lui hurle de ne plus bouger, il la braque et hurle encore.
Elle rampe vers l’autre, il a des bulles de salive ensanglantée qui pètent contre ses lèvres. Elle l’a vu tomber, partir en arrière, entendu le bruit mat du crâne sur le sol, il porte un regard éberlué vers le ciel noir d’où tombe une pluie fine qui s’écrase sur ses pupilles, rien ne cligne. Elle s’approche encore, le flic hurle en balançant un coup de pied dans le flingue de l’autre, l’arme était encore contre sa paume, ses doigts sont blanc, le flingue part en toupie ricochant sur les pavés, finissant sa course dans les pieds d’un flic mort recroquevillé contre le trottoir. Le gyrophare pousse des cris bleus et silencieux. Le flic lui a enfoncé sa rotule entre les omoplates, elle gémit, il cherche ses bras pour les menottes, elle s’en fout elle a atteint son but, elle pose sa bouche contre celle de l’autre. Elle cherche ses yeux et les trouve, il a l’air étonné, surpris sans doute par la fulgurance de sa mort. Elle enfouit son visage dans son cou, l’odeur aigre de la poudre lui monte aux sinus, même ça ne lui sort pas une larme. Elle sent qu’on la tire par les pieds, on la force à s’assoir sur la bordure, d’autres flics arrivent, l’un d’entre eux secoue le flic mort en hurlant un prénom et puis se précipite sur elle, lui envoie son poing dans la gueule en la traitant de salope, d’autres flics le retiennent, l’écartent, il tente de lui cracher au visage, elle soutient son regard, il a l’air possédé, elle a les yeux d’une brebis anesthésiée, prête pour l’abattoir.
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