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Quand une absence tranchante coupe le présent.
Je me noie dans la lumière froide d’un vitrail. St Sébastien agonise, le corps criblé de flèches et de rayons bleus obliques. Quelques silhouettes immobiles, penchées sur des bancs de bois, se laissent pétrifier par le son de l’orgue froid comme les pierres des longues colonnes grises. Ce matin j’ai ouvert les volets. Il attendait dans la salle de bains, sans trop reconnaître son reflet dans le miroir. Je suis allé le chercher. Il a cru que je m’adressais à un autre. La lumière dessinait des ombres nettes dans la pièce. Tout était paisible. Nous nous sommes assis ensemble sur le vieux canapé. J’ai eu soudain envie de coller ma peau contre l’écorce d’un arbre. Nous aurions voulu échapper au rituel qui allait égrener notre journée, échapper aux prières, fuir la musique qu’elle avait choisi, s’évader loin de la réalité qui à partir d’aujourd’hui allait mutiler le bonheur. Je refuse de laisser mon regard s’arrêter sur la forme d’un corps de bois aux contours géométriques. Je compte les ouvertures qui laissent passer une faible lumière. Douze. Puis je compte les orifices sur le mur, les cratères, les brèches. Quand nous sortons, la vie tente de nous rattraper : Une mère refait les lacets de son enfant, un ouvrier manipule avec précaution une bobine de fil électrique qui ressemble à un rouleau de réglisse. Le quartier s’anime d’une vie imparfaite, que ton image cloue, immobilise dans un présent singulier, presque absent, vide.
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