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Portugal (Porto) - Terrasse d’un petit restaurant.
Contraste des parasols rouge et blanc « Super Bock », penchés mais plantés dans un sol de lattes. Cannette coca cola abandonnée. Ray Ban classe sociale déterminée. Inscription WC bleu sur blanc éblouissant et ciel comme transparent.
Droit devant, un couple enlacé-café-serré, chapeaux de paille en plastique et belles adolescentes armées de breloques et nippes griffées chez personne, style zéro, effet retard, choc de la beauté malgré la banalité… Suprématie de la jeunesse absolue. Après, deux brésiliens (on dirait), couleur de cuir chaude et rouflaquettes décorant le visage comme un art de la rue, sable qui vole, s’incruste, lave les cheveux de toute humidité. Encore quelques verres à eau, pour maintenir une nappe en papier gaufré qui rêve de s’échapper sous le vent, puis lumière qui mange l’ombre pendant qu’on déjeune en plein air.
Droit devant il est là, roulant sa bosse de vagues qui se chevauchent et nous embrument de leurs parfums d’iode et de sel tirés d’une bouteille des dieux. Il est là avec ses bleus, ses verts aux variations hurlant le mouvement, la houle, le peut-être et le sûrement, borderline un jour, une nuit, bientôt. L’océan. Énorme devant notre univers de poche, de plastique et de pelles à sable. Profond, inquiétant, il est là avec le soleil qui dessine ton ombre claire, penchée vers ma main… sur la page.
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