|
La journée fut brève, à peine une journée, je me suis répété cette jolie phrase depuis ce matin. Ca ne vient pas de moi et je m’en veux. Quand mon reflet me regarde. Quand je tourne les clés dans la serrure. Le tout réside dans la capacité à mobiliser son énergie. Le tout est dans l’abîme.
Il me semble sentir un poids. Un envol raté. Je me suis levé pour boire un verre d’eau, concentré d’une terrifiante façon. Peut être comme un chirurgien. La lune se glissait dans chacune des pièces de l’appartement, elle est atroce ce soir. Intrusive et aussi lumineuse qu’un soleil, d’une pâleur de malade. Il fait 28° à cause d’elle. Les volets n’y peuvent pas grand chose, je les insulte ces volets à claire voie, la lune est plus forte. Toute ronde la haut et tachée. Et irriguée.
Maintenant je suis dans le jardin. Plus clair qu’en plein jour. Et les branches du saule pleureur sont si obscures dans la nuit. Genre estampe Japonaise avec la lune énorme derrière. On dirait un cœur plein de veines. Un de ces cœurs arrachés qui dérape dans l’inox. Et puis j’ai soif d’un énième verre d’eau. Je retourne dans la cuisine sans allumer. Evier inox où le filet d’eau crépite métallique. Elle a un goût désagréable. J’ai beau me raisonner, aussi implacable qu’une hypothèse scientifique, j’insulte l’eau qui crépite. Puis j’insulte carrément la lune.
Un escargot rampe péniblement sur la terrasse. L’humidité tombe. Un nuage passe. Quand je m'apprête à raccrocher. Quand je fais demi tour.
|