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Tandis que les rayons traversaient le verre de la Dame Jeanne dévêtue de sa paille et de sa couleur de lie, l’eau immobile, piégée à l’intérieur de ses rondeurs à nu, me rappelait…
Quelque chose. Mais quoi ?
C’était dans la chaleur, la moiteur des icônes renversées. Les gens se précipitaient sur les plages, dans l’eau et les algues à peine sortis de la dernière ère de glaciation. Moi, rêveuse, j’écoutais les Chemins de la connaissance en avalant un Arabica sans traduction ni filtre. La saveur forte me touchait la peau du dedans et me caressait comme on remonte une rivière. La tête à l’envers. Je venais de détecter quelques signes et symboles dans les textes qui traversaient mon univers comme des aéroplanes, traces blanches écrites sur le ciel d’une chanson de Gainsbourg. Le temps des chrysalides approchait. "Tout signifie", disait la prof de culture gé. "Les symboles sont la base des civilisations", insistait un autre. Ce que je sens n’a pourtant rien à voir avec les certitudes. Il n’y a que le présent. C’est là que je vis. Avant d’arriver à ce temps, j’aurais pu quitter l’amphi tel l’iconoclaste… mais non, j’écoutais Les Chemins de la connaissance. Pendant ce temps, les insectes tournoyaient tels des groupies autour de la Dame Jeanne engrossée par le soleil. J’ai senti qu’il était temps de changer de peau puisque la saison prenait force en moi. Printemps, été, automne, hiver… printemps. Un film coréen de Kim Ki-Duk. Alors, j’ai fini le café serré et, sous le soleil exactement, je suis sortie. En me retournant vers la maison, j’ai cru sentir passer sur ma peau… la respiration inattendue de mon dernier texte.
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