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"Montre moi le soleil putain, montre le moi"
Sarah est morte hier soir. On a roulé peut être une demi heure sur les voies, je ne sais plus exactement. On était seuls sur les ballasts enivrés. On était fous furieux aussi. Sarah malaxait mon sexe à cet instant, Sarah buvait et fumait aussi. Deux lueurs sont apparues tremblantes très loin, tout au bout. J’ai rien dit, j’étais pas sûr. Puis rapidement deux feux jaunes se sont matérialisés. Vibrant comme des flammes. J’ai dit à Sarah qu’on était bientôt à destination, je ne sais pas si elle pensait encore au soleil. Les feux semblaient suspendus dans la nuit puis soudainement ils se sont mis à grandir. Fulgurants. Comme s’ils chutaient sur nous. Dans mes phares le train enténébré a surgi en un éclair, accompagné d’un reflet blanc dans les carreaux de la locomotive, il n’y avait personne. J’ai braqué un grand coup, Sarah a du voir les phares de près. Je ne sais pas si elle a cru au soleil.
Aujourd’hui je ne peux me rendre à l'enterrement de Sarah car je suis en observation au service traumatologie. Deux infirmières s'occupent de moi à tour de rôle la journée. Quand elles me causent, elles parlent de miracle. Elles souhaitent m'inviter dès ma sortie pour une soirée et sont très insistantes. On boira et on fera les fous disent elles. C'est comme si elles soufflaient sur une braise, mon cœur rougit étonnamment fort. Des suées me parcourent le dos. Sarah me manquait affreusement. Et puis là plus du tout.
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