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Un colis. Un destinataire. Un cadeau...
C'est un colis. Une écorce de carton qui protège un cadeau. Je le tiens serré contre mon ventre. Je l'ai préparé avec soin. La file est longue à La Poste.
C'est un colis.
Dedans, rien qui puisse intéresser un chapardeur éventuel. Des livres, mes livres. Je veux dire mes livres pour un être d'exception. Des éditions de nouvelles en compilations collectives. Trois, quatre, cinq livres.
Avant de scotcher l'ensemble et d'écrire sur le large du carton le nom et l'adresse, j'ai hésité à glisser une tablette de chocolat et des grains de café et des mots griffonnés sur du papier bleu au corps épais. Un beau bleu avec une belle encre, déliée, outremer. Mais j'ai abandonné l'intention, le mieux étant de rester sobre, d'éviter les débordements affectueux.
J'avais songé à ajouter des oranges. Le fruit est goûteux et il eût tenu la distance. J'ai renoncé. Après tout, le destinataire n'est pas prisonnier.
Encore que.
Il est dans le colis. Au coeur des pages. C'est de Lui qu'il s'agit quand j'écris.
La file n'en finit pas d'être longue. Une dame dont l'âge est consommé s'impatiente. Une voix dans mon dos répond à un téléphone qui a vibré. Une petite fille sautille et invente une marelle invisible.
Dans mes bras un colis. Pour un envoi simple. Et si ça le touche, Lui, ce sera déjà ça.
Une main. Sur mon épaule. Une voix. Celle du téléphone. C'est mon épaule qui vibre maintenant.
Un colis. Une main. Me retourner. Changer de route ? Et le colis, je l'envoie ?
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