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V comme violence
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Écrit par Mireille
  
Une femme réfléchit au sens de la vie, penchée au-dessus de son ventre, les cheveux dégringolant devant ses yeux… fermés.



Les enfants sont ailleurs, Paris est noir, la pluie fait des dessins mornes et liquides sur les trottoirs glissants. Les gouttes dévalent sur sa nuque, sous son manteau. L’eau s’infiltre mais la femme ne bouge pas. Elle réfléchit, comme un miroir, il pleut sur elle à l’intérieur. Les mots, les gestes ne sortiront pas de la prison qu’elle devient pour sa propre parole, sa survie. Taire, silence. C’est facile de faire comme si rien n’était arrivé, plus facile que de se mettre à courir pour aller cogner là-bas à un poste de police… Encore faut-il savoir où le trouver. Effacer. S’en aller… partir. Sans hurler à l’aide. Elle réfléchit au sens de la fuite pour échapper à ce qui contraint. L’eau maintenant attaque la peau, sous ses habits. La femme frissonne mais dedans, là où personne ne peut sentir qu’elle a froid. Connaître ça, c’est traverser la zone puis le Bronx sans cuirasse, en plein hiver et se prendre des bouteilles sur la tête. A intervalles réguliers. Bam. Bam. Bam. On est sonné, après. Mutique. La voix et la parole s’arrêtent. Reste le mouvement pour se lever, partir. Traverser. Prendre un train. Tout est machinal, pilote automatique. Au ralenti. Mais le poing qui se ferme et écrase l’univers, à l’intérieur d’elle, est bien réel. Il se concrétisera. Il sortira des mois, des années après. Il sera toujours trop tard. Une femme coupe ses cheveux et regarde les mèches tomber sur le carrelage de la maison où elle réfléchit… au sens de la vie.

Commentaires
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Georges Elliautou   |2010-04-23 09:38:13
N comme noir. Un noir mouillé. Un noir comme désespoir. On suppose un viol...

Réponse de l'auteur :

Oui c'est ça, Georges, bien noir et un peu réaliste aussi, non ? Merci pour ton commentaire et la nuance "noir mouillé"...

Sylviane Kerivel   |2010-04-23 18:24:11
Destruction intensive sous une pluie battante. Et la blessure pourrira dans l'ombre secrète d'une vie saignée à blanc.

Réponse de l'auteur :

Le genre de blessure dont il est extrêmement difficile de parler à cause de la honte et de tout ce qui tourne autour, les gens, les flics. Merci Sylviane (sourire)

Claude Cordier   |2010-04-25 14:08:44
Aucune pluie céleste ne peut laver les souillures internes.
Actuelleme nt le Bronx de NY est bien plus sûr que certains quartiers de Paris.
Comment éduquer nos enfants à moins de violence, à tendre l'autre joue ? à ne pas surenchérir à l'insulte du gamin de 6 ans ?
Savoir que toutes blessures laissent des cicatrices à vie et certaines après cette vie.
Très beau texte.

Réponse de l'auteur :

La violence, la contrainte... Le Bronx va mieux, alors. Tu y es allée il n'y a pas longtemps ? En tout cas merci pour ton commentaire, Claude. Un monde avec moins de violence, plus de compréhension entre les gens... Oui. Imagine. John Lennon... :o)

José Verleyen   |2010-04-28 22:06:48
Il pleut sur elle à l'intérieur... Les mots manquent pour dire combien c'est beau. Merci.

Réponse de l'auteur :

Bonjour José, je suis désolée de ne répondre qu'aujourd'hui à ton commentaire, je viens de le découvrir, sur l'instant. C'est moi qui te remercie (sourire).

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