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J'aim J'aime cette folie amoureuse de Camille qui emporte comme une lame de fond, loin, très loin, vers ces continents inexplorés de la psyché où les vagues tumultueuses d'un noir d'encre tourbillonnent inlassablement en cercle vicieux et les oiseaux hardis aux ailes pantelantes se cognent avec fracas aux parois immuables de la déraison. L'amoureuse folie d'étrenner sa prison de chair, parcourir à grandes enjambées ces plages dévastées par le flux des marées, horizons houleux à perte de vue, écrasés lourdement sous le poids du soleil noir de la mélancolie. Tu n'es qu'une folle amoureuse, Camille, pauvre amoureuse, devenue folle d'avoir aimé, désiré, souhaité à l'instar de nous tous du monde éphémère qui ne fait pas de quartiers. Je te salue, oh ma sœur, tombée sous la mitraille des quolibets de l'infâme valetaille s'érigeant en juges, en redresseurs de torts, législateurs de lois façonnés par les hommes d'un univers narquois qu'ils ont assujetti, modelé aux entournures de leurs caprices. Je te salue, oh ma sœur, penchée sur ce miroir renvoyant ton image cruellement déformée par les hommes de bonne volonté. Ce miroir aux alouettes n'en est pas un car il renvoie implacablement le reflet caché, enfoui sous mille cuirasses, si méconnu qu'on ne le reconnaît pas, qu'on ne le reconnaît plus, ce reflet dérisoire de soi-même. Camille! Tu n'es pas, tu n'es plus, cette folle amoureuse, mais tout à l'arrière-plan, sur cette toile de maître se désolent amèrement ces nabots d'apparat.
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