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« C'est l'hymne de nos campagnes De nos rivières, de nos montagnes…» Tryo
Je chauffe doucement sous ce soleil que je connais si bien. Il est doux en hiver, impitoyable en été. Pour l’instant, il est comme un chat soyeux et ronronnant, mes vieux os aiment sa caresse, je fais le dos rond. Je ne bronche pas.
De mon banc de pierre, je contemple la vallée. J’essaye de compter toutes les nuances de vert : argenté pour l’olivier, mat pour les chênes, vif pour les châtaigniers, vigoureux pour les arbousiers, veiné de jaune pour les citronniers, brillant pour la myrte et le lentisque, pelucheux pour le ciste, presque gris pour la bruyère et tellement d'autres…
Entre la vallée et moi, il y a la route qui serpente et se perd. Deux marcheurs, bermuda, chaussures de randonnée et sac à dos remontent vers moi. Je les vois arriver de loin. Je les regarde monter. Il avalent la route des yeux. Il peinent, ils suent.
Enfin, ils arrivent à ma hauteur. Je n’ai pas bougé d’un pouce. Ils me dévisagent un instant et me lancent un bonjour essoufflé. Je leur souris en haussant les sourcils. Ils se tournent vers ma vallée.
Ils ne déposent pas leurs sacs, ne prennent pas de photo, ils aspirent l’air qui rafraîchit leurs poumons. Ils sont captivés.
L’un deux observe soudain : « Waouh ! Tous ces verts ! Je crois qu’une vie entière ne suffirait pas à les compter ! ».
Ils repartent, je leur fais un signe de la main, ils me répondent sur le même mode.
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