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Parfois ils reviennent, ombres troublées d’une autre époque, glisser leurs pas d’aujourd’hui dans leurs pas d’hier. Ils promènent leurs regards embués dans cette ville, qu’ils ne voient pas telle qu’elle est, mais telle qu’elle fût. Le voile de leurs larmes retenues recrée le mirage du paradis perdu. Ils ont dix ans à nouveau, ils savent où se trouvait le marché, le marchand de glace, le marchand de thé. Ils se sont crus chez eux, ici, dans ces rues qui leurs sont définitivement étrangères et auxquelles, pourtant, ils appartiennent encore. Cette ville, leurs âmes y sont attachées, elles s’y fondent dans la blancheur, elles y croisent celles de ceux qui n’y reviendront pas, mais dont le cœur saigne encore si fort, parfois.
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