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« Accompagnons son âme dans le recueillement et la méditation ». Je crois qu’elle aurait préféré de la musique, ou un poème. Les autres croient sans doute la connaître si bien.
Je déchire le paquet. Une odeur intense de naphtaline se diffuse, cogne asphyxie. Entre mes mains de la douceur, une ondulation : je caresse un tissus de crêpe, noir, comme il se doit. L’ampoule à nu du placard diffuse une lumière jaunâtre de crépuscule sale. Je me trouve au centre d’un cercle de vêtements entassés. Cet encerclement devient soudain menaçant. J’ai envie de crier. A genoux sur le parquet lamifié, je me recroqueville. Un désir d’enfance distille un poison dans mes pensées. Puis je me laisse aller comme dans un jeu. Un visage de marbre apparaît sans sourire. Le crêpe noir glisse doucement entre mes doigts. Je m’abandonne à l’ordre des choses, tandis qu’elle redevient fantôme, qu’il me faudra encore chasser, toujours. Demain, dans leurs regards : des strates d’humeurs affichées. Il y aura de la tristesse, de la compassion, de l’empathie, et tout au fond, une petite lueur de convoitise. C’est pour ça qu’ils seront là, pour l’immeuble Kaspar. Ils ne savent pas encore que c’est à moi qu’elle l’a légué. Comment résisteront-ils à la brutalité de l’annonce ?
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