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I think I'm gonna be sad I think it's today, yeah The girl that's driving me mad Is going away She's got a ticket to ride
John Lennon
Elle est montée à Trône, moi je l'étais déjà, et pas trop mal. Je rêvassais dans la rame, mais je n'étais pas gai. Nos regards se sont croisés, elle m'a tapé dans l'oeil, direct, et j'ai senti des frissons me traverser son corps. Elle s'est assise à coté de moi, mais je suis resté debout (Non, non, je te vois venir lecteur, pas de ça, il est interdit de fumer dans le métro). Elle m'a regardé de haut, en bas (malgré mon cocard, j'ai repéré la petite bosse si sexy de l'agrafe de son porte-jarrets) "Vous ne vous asseyez pas homme hirsute ?". J'ai pensé que je préférerais la lever, elle m'a entendu. Elle a sorti de son sac, un genre grasse qui lit, son téléphone qui peut appeler partout "allo, c'est Madame Sjruigde (j'ai pas compris), j'ai une grosse crise de tout, je ne viendrai pas ce matin" et elle a raccroché mon regard de ses grands yeux bleus. Elle avait un accent d'ailleurs, où elle voulait qu'on aille d'ailleurs. Le métro s'est arrêté, au moins autant que le temps. On a traversé la marée humaine pour nous retrouver à quai. Elle m'a collé contre le mur, a ouvert grand sa bouche, m'a enfoncé sa langue jusqu'à la luette... Je me suis laissé faire jusqu'à ce que j'entende applaudissements et sifflets. J'ai relevé mes paupières, et devant moi, souriant, le fantôme de Marcel Beliveau, avec ma femme, beaucoup moins souriante. Madame Sjruigde (j'ai toujours pas compris) s'est décollée de moi, a vomi et m'a lâché un "t'as vu ta gueule ? T'as vu mon cul ? T'y croyais vraiment ?".
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