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Un cavalier, dans cette toile de Dali Passe au milieu de nulle part On a soudain envie D’un fusil à lunette Pour le suivre de plus près En position du tireur couché
Il vient d’ailleurs, va vers nulle part Il vient du haut des collines désertiques A traversé les champs d’éoliennes Qui lui ont dit Du vent, des conneries Et maintenant, le cavalier éperonne Son petit cheval arabe Part au galop Court sur une piste en terre Semant au vent, poussière Halo et ventre à terre
On hésite, le doigt imaginaire Sur la gâchette On le laisse encore un peu S’éloigner Traverser la piste d’atterrissage Puis on lève le canon Au Frère qui dit :
Quand un avion se pointe A la radio On lui répète toujours Deux ou trois fois De faire un tour à vide Sur la piste Des fois que Sur la piste, y a toujours quelque chose Bestiole, passant, surprises Sur la piste Avant qu’il atterrisse
On trinque avec le Frère A l’ombre de la tour de contrôle En fer Grésillante d’été Surchauffée Et le criant Aux feulement du vent entêté
On regarde Vaguement intéressé La D.C.A Le bulldozer échoué Les palettes Les touffes d’herbe Tout ça couleur sable Beige, sans vie ni rouille
Le Frère dit : Des fois, on y lâche les chameaux Même s’ils ne sont pas d’ici Ça fait plus vrai
Le Frère ne fait pas de distinction Entre chameau et dromadaire On le comprend Dans ce paysage en dénivellation Une bosse en plus Une bosse en moins
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