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Quarante pour cent, à ce qu’on dit.
Je viens de jeter le yaourt que je me refuse à consommer vu sa date de péremption dépassée d’une journée. Ainsi balance-t-on plus du tiers de la nourriture en nos contrées dites civilisées. Et les emballages, alors ? La moindre dosette de café nécessite toute une industrie afin que son consommateur ait juste un petit geste pour emplir sa tasse. Et combien d’autres objets et aliments somptueusement présentés à grand renfort de matières et de couleurs pour inciter les débiles que nous sommes à surconsommer au détriment de la survie de la planète… et au grand dam des démunis qui sous d’autres cieux rêvent de posséder un rien de ce superflu dont nous ne savons comment nous en débarrasser et qui finit dans la terre, dans les airs, dans les mers, empoisonnant faune et flore pour toujours.
Nous jetons à la poubelle presque la moitié des aliments que nous fabriquons en épuisant les ultimes ressources naturelles, pendant que meurent de faim des populations entières en des contrées déshéritées. Et nous nous désolons de voir autour de nous des obèses encombrer les trottoirs et les transports en commun, ou des adolescentes refuser toute nourriture de peur de se retrouver avec un ou deux kilos en trop. Nous dépensons des sommes folles pour tenter d’enrayer ces comportements. De l’argent et de la nourriture qui éradiqueraient les famines et bien des maladies dans un monde que l’on ignore.
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