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Ne dit on pas que la nature a horreur du vide ?
Mon père conduit, je suis installée côté passager. Le front contre la vitre, je regarde les lignes blanches défiler sur le bord de la route. Chaque matin et chaque soir sur le trajet de l’école, j’ai 20 minutes qui n’appartiennent qu’à moi. Après, mon temps, mes pensées, mes actes seront pour les autres, en fonction de leurs attentes, leurs exigences, leurs règles...
Pour l’instant, je vagabonde dans les espaces infinis,parfois aussi je m’égare dans des coins glauques. Les drames y sont sanglants, les histoires d’amours douloureuses, les colères plus qu’humaines. Ou alors, je repasse en boucle mes actes manqués, comme un disque rayé. Je rattrape les situations échappées . C’est la mélopée des j’aurai pu et des j’aurai du. Quelque fois encore, je me projette au fond des océans ou des galaxies, je bâtis des palais inouïs, des univers à ma mesure que je balaye d’un battement de paupières. Combien en ai-je ainsi détruit ? Plus rarement, j’arrête de respirer le plus longtemps possible, jusqu’à voir des papillons d'or et d'argent à l’intérieur de mon crâne.
" - A quoi tu pense ? - A rien - C’est impossible de ne penser à rien - Oui c’est vrai - Alors, à quoi tu pense? - A rien"
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