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Un père peu recommandable |
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et un fiston qui ignore le frisson amoureux
« Ferais mieux de se mettre une belle dans la tête plutôt que de prendre la poudre d’escampette ! » maugrée mon papa à ma maman, furieux de savoir que je vais abandonner le foyer où il passe des jours heureux à vivre grassement sur mon salaire de conseiller du Président de la République. Il est vrai que je gagne beaucoup d’argent à ne rien faire, tant il y a pléthore de mes collègues qui s’escriment à jouer des coudes dans les allées du pouvoir. Ce qui n’est point mon ambition. J’ai toute une équipe qui tourne en rond, encombrant les bureaux attribués à ma fonction, se rongeant où se faisant les ongles suivant le caractère ou le sexe de mes collaborateurs.
Il est bon, mon papa. Charmer une jolie fille jusqu’à l’amener dans mon lit n’est pas tellement dans mes cordes. Je n’ai pas le diplôme pour cela. Mes années d’études dans une grande école ne m’ont pas appris l’art et la manière de bouleverser l’existence d’une beauté de toute façon éphémère. Et je préfère festoyer lors de réceptions officielles ou partir en mission lointaine dans des îles paradisiaques « au frais de la princesse » plutôt que de subir l’humeur d’une quelconque maîtresse que mon paternel s’empresserait de me dérober pour la dévoyer.
Mon appartement de fonction est enfin prêt. Il est spacieux, très bien meublé et admirablement situé. Et au diable la famille !
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