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Vol au-dessus d’un nid de pensées |
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J’étais tranquille, j’étais peinarde… accoudée au comptoir… Un mec est entré dans ma vie… C’est exactement cela…
Dans une bulle où rien (ou si peu) ne se passait, je m’étais anesthésiée de toute émotion forte. Sous une carapace d’humour, à coup de « même pas mal… », j’avais même réussi à forger un fragile équilibre métastable. Depuis tant d’années, je ne souffrais pas vraiment. Bien sûr, il y avait de temps à autre quelques picotements, irritants de la vie. Mais rien de réellement douloureux.
Et paf ! Au moment le plus inattendu, un fantôme surgi du passé toque à ma porte et me réveille… Gentiment certes. Sans intention sans doute. Juste envie de renouer avec une vieille amie… Mais ses mots et ses attentions font mouche. Pourquoi ? Nul ne le sait et ce n’est pas le plus important.
Pauvre nouille que je suis, je lui laisse entrevoir ce doux émoi. Avec des mots enrobés de dentelle sucrée auxquels il ne répond pas. Manque de temps ? Je n’y crois pas. Je pencherai pour le manque d’envie, la surprise, la perplexité ou la crainte. Est-ce raisonnable de favoriser l’engagement sur une voie douteuse, chaotique, jalonnée d’épines, probablement sans issue viable ?
Envol mort-né, je suis retombée telle une crêpe rassise. J’aurais dû me montrer plus prudente. Avec ma cuirasse de guerrière « qui-se-fout-de-tout-et-qui-ne-croit-plus-à-l’amour », j’aurais évité les vilains bleus qui se dessinent sur mon âme.
J’ai fait faux comme disent les enfants. Je suis incorrigible. Il ne me reste plus qu’à re-couvrir ma peau de sa vieille tenue aseptisée. Un peu serrée tout de même… à la gorge.
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