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Il y a des soirs comme ça...
Elle a posé son chiffon et s’est appuyée sur le rebord, nonchalante. Elle regarde par le fenêtre, la mer, la côte et un bateau. « Elle est un peu triste », c’est-ce que je dis à la prof qui nous présente ce tableau. «Mais non ! Répond elle, il n’y a rien de triste ». Je n’insiste pas, elle continue de parler de l’œuvre, je n’écoute plus vraiment. Je regarde la femme, la fenêtre, le chiffon abandonné, la mer et le bateau, elle me semble toujours triste, de plus en plus, à vrai dire. Je détourne les yeux, vers la fenêtre de la classe, le ciel n’est ni bleu, ni limpide, il est gris. D’un gris qui m’agrippe, me happe et m’envahit. Sortie du cours, je repense à la femme, s’est-elle détournée de la fenêtre, est-elle retournée à son ménage ? Était-elle vraiment triste ? A qui, à quoi pensait-elle ? Existe-t-elle seulement ?
Cela doit faire dans les vingt ans, pourtant quand j’ai le blues, je pense à elle.
Ce soir, elle me visite. Elle a fermée la fenêtre et tirée le rideau.
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