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Dialogue avec une inconnue |
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Je t’ai repérée et aussitôt me suis fondu au plasma de cette boite de nuit Sans mouvement exagéré je me suis approché du bar et j’ai bu te tenant à l’œil de mon œil Et dégainant de grandes lampées massacrées
J’avais jusque là tout loupé alors quand ton déhanchement exquis m’est apparu Les faisceaux colorés m’ont soudainement brûlé le crane
« Je prends mon temps Mon heure arrivera Et si c’est pas moi ce sera une autre génération On ne fait que passer avec plus ou moins de dommages Et s’accomplit son destin » Me dis tu calmement dans la cacophonie
Tout en fixant un bananier en plastique je te réponds les choses suivantes « Tant de choses roulent sur les toits Tant de mots ont coulé, de promesses, de déchirures pour s’éteindre sous terre Que déjà le cri primal étouffé est déjà repris par les enfants qui déjà dans leurs jeux s’escriment à crier un peu plus fort le cri primal »
Ensuite on a repris le fil tranquillement le dos enfoncé profondément dans les tissus On croisait nos jambes lentement et devant nous la foule dansante s’agglomérait A un moment je suis allé au bar malgré ton verre plein La musique couvrait tout, tes lèvres mobiles étaient parfaitement muettes
A 4 heures du matin la lumière s’est allumée crûment, la musique s’est tue Les silhouettes se détachaient les unes des autres et reprenaient leur identité La foule se déliait Je me suis aperçu que tu étais une statue d’ornement posée là près d’un bananier en plastique Je me suis peu interrogé, je suis allé au vestiaire récupérer mon manteau J’ai ensuite mis un bon CD, j’avais une heure de route environ.
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