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Je bois des fois Bien calé dans mon fauteuil marron Et quand je baisse les yeux comme satisfait Me regarde tout entier et sans pudeur Comme après une rude tache effectuée (Enfin j’imagine)
J’allume l’ordinateur Lance ce logiciel universel Formant tourbillon à couleurs Et évoluant soi disant au gré de la musique Peut être J’en sais rien Les images se font et se défont Sous mes yeux impresionnés
J’ai jamais rien vérifié Ce logiciel je m'en fous J’ai jamais rien vérifié car je suis pleinement looser Je bois un peu plus alors Absorbé par l’œil central et immobile de mon écran Autour les choses s’obscurcissent et rapetissent C’est jouissif cette non vie à 100 mégabytes assis Je stoppe la lecture du CD Ce con de tourbillon poursuit sa rotation En vain il tourne et sans objet
Sans objet je me suis levé J’ai bu Sans objet j’ai téléphoné Je suis tombé Sur un répondeur à voix sourde J’ai déposé un message J’aurais même pu le réécouter En appuyant Sur la touche 9 Je n’en ai rien fait J’ai raccroché Et me suis rassis Devant l’écran en rotation Imprimant un pseudo rythme Sur lequel je me suis accroché
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