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Imposture, c’est du féminin ?
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Écrit par Senga
  
Ce n’est pas par excès de féminisme, on n’en est plus là.
C’est parce que trop encore dans ce monde pense
que le cerveau est l’ exclusivité du genre masculin,
et que la larme est l’apanage de la gent féminine.
Les clichés ont la dent dure. Pas qu’eux.


L’homme pensait, la femme implorait.

L’homme pensait. Puissamment viril, ses pieds de géant vert l’agrippaient à son roc. L’enfer était son tourment. Il méditait et rien ni personne ne semblait troubler sa pensée.

La femme implorait. Gracieusement fragile, son corps chétif tendait vers l’amour perdu. Un enfer. Elle attendait et rien ni personne ne semblait la détourner de son imploration.

L’éternelle posture nous insupportait. Nous avions envie de jouer les imposteuses. Et de changer l’histoire.

Nous allions trouver la femme :
« Camille, ça ne peut plus durer, reprends-toi sinon, tu vas devenir folle. Allez ! viens ! »

Elle sortit de sa torpeur séculaire. Nous la menions jusqu’au parc où le vieux était toujours puisqu’il pensait. Là, on unit nos forces et dans nos bras on intégra la force de toutes nos soeurs, bafouées, trahies, battues, violées, tuées.

On mit en branle l’auguste personnage. Il joua l’impassible mais, qu’il le veuille ou non, il était déstabilisé. Camille réglait ses comptes et nous, avec elle, étions déterminés à mettre à mal des années de domination résignée. N’attendant pas de piédestal, nous souhaitions juste que nos frères les hommes descendent du leur.

De son piédestal justement, notre colosse vacilla, puis s’effondra, et la tête pensante se fracassa, s’ouvrant sur une nouvelle ère, de parité, à inventer.

Nous n’étions pas fières, nous étions soulagées. Les mœurs étant, nous fûmes toutes arrêtées et enfermées avec Camille, jusqu’à sa mort. Nous n’étions pas folles, pourtant. Juste révoltées et, ou, malheureuses.

Et depuis…
Depuis, les hommes pensent toujours, des femmes implorent encore…


Commentaires
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Christelle Falcoz   |2008-02-29 18:48:21
C'est bien pessimiste tout ça...

Réponse de l'auteur :

Oui, sûrement, mais il faut bien dire les choses qui sont, encore trop, hélas.

Mireille  - Camille Claudel, wouaah, quel génie !   |2008-02-29 19:29:25
« Je réclame la liberté à grand cri »
Camille Claudel

Au plaisir de te relire,

Réponse de l'auteur :

Oui, et son cri n'a pas été entendu. Merci.

Mobert   |2008-02-29 19:38:09
Si ça peut te rassurer, Agnès, je suis un homme (quoi de plus naturel, en somme) qui pleure plus qu'il ne pense ;-))
On est nombreux, dans ce cas...
N'empêche, et tu as raison, que les clichés ont la vie dure, surtout dans les "sociétés" très marquées par le patricarcat. Ton texte fait réfléchir. Bonne lecture.

Réponse de l'auteur :

Je le sais bien, Mobert. Dans la première vie de Fulgures, j'avais plusieurs textes qui évoquaient les larmes des hommes. Celui-ci n'est pas une diatribe anti-masculine. L'expression d'une compassion pour des femmes qui souffrent, souvent du fait des hommes. Merci pour ta réaction.

Pierre DKR   |2008-02-29 22:44:17
Un peu de mal a commenter ce texte, car autant il est fortement d'actualité dans certaines zones geographiques, autant il peut preter a confusion dans l'hemisphere Nord (et OUI je sais pour les abus et les violences dans nos beaux pays civilisé); les choses ont bien, bien changé depuis les sufragettes, et les problèmes inverses commencent à être rencontrés; bon je suis encore en train de partir en sucette je ne sais même pas si je me fait comprendre :o) sorry - sur le fond je suis d'accord, les clichés ont la vie dure... Bon texte Senga

Réponse de l'auteur :

Je suis d'accord avec toi Pierre. Presque. Il n'y a pas que les problèmes résolus par le droit de vote et l'obligation de parité. Il y en a sur d'autres registres, plus intimes... Ne pleure pas,Pierre !

Caroline...   |2008-02-29 23:15:37
Peut-être que si on avait pas dit aux petits garçons : "Un garçon ça ne pleure pas, ça n'a pas peur " et aux petites filles : " Ne parle pas si fort, ne marche pa si vite " les choses auraient un peu changé.
Après c'est une histoire de transmission dans les familles et là c'est un vaste débat.

Réponse de l'auteur :

C'est vrai, tu le dis toi-même, c'est un vaste débat, pour d'autres histoires peut-être.

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