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Ce n’est pas par excès de féminisme, on n’en est plus là. C’est parce que trop encore dans ce monde pense que le cerveau est l’ exclusivité du genre masculin, et que la larme est l’apanage de la gent féminine. Les clichés ont la dent dure. Pas qu’eux.
L’homme pensait, la femme implorait.
L’homme pensait. Puissamment viril, ses pieds de géant vert l’agrippaient à son roc. L’enfer était son tourment. Il méditait et rien ni personne ne semblait troubler sa pensée.
La femme implorait. Gracieusement fragile, son corps chétif tendait vers l’amour perdu. Un enfer. Elle attendait et rien ni personne ne semblait la détourner de son imploration.
L’éternelle posture nous insupportait. Nous avions envie de jouer les imposteuses. Et de changer l’histoire.
Nous allions trouver la femme : « Camille, ça ne peut plus durer, reprends-toi sinon, tu vas devenir folle. Allez ! viens ! »
Elle sortit de sa torpeur séculaire. Nous la menions jusqu’au parc où le vieux était toujours puisqu’il pensait. Là, on unit nos forces et dans nos bras on intégra la force de toutes nos soeurs, bafouées, trahies, battues, violées, tuées.
On mit en branle l’auguste personnage. Il joua l’impassible mais, qu’il le veuille ou non, il était déstabilisé. Camille réglait ses comptes et nous, avec elle, étions déterminés à mettre à mal des années de domination résignée. N’attendant pas de piédestal, nous souhaitions juste que nos frères les hommes descendent du leur.
De son piédestal justement, notre colosse vacilla, puis s’effondra, et la tête pensante se fracassa, s’ouvrant sur une nouvelle ère, de parité, à inventer.
Nous n’étions pas fières, nous étions soulagées. Les mœurs étant, nous fûmes toutes arrêtées et enfermées avec Camille, jusqu’à sa mort. Nous n’étions pas folles, pourtant. Juste révoltées et, ou, malheureuses.
Et depuis… Depuis, les hommes pensent toujours, des femmes implorent encore…
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