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Under the bridge
Je courais sous la pluie. J'avais un train à prendre. En traversant la passerelle qui enjambe la rivière, j'ai vu un petit groupe entrain de barioler les parpaings, juste en-dessous. Me suis arrêtée, trois secondes. Y-en a un qui m'a tendu une bombe. J'ai pris la volée de marches qui menaient sur les berges. Chacun suivait son fil, comme des musiciens sur une même partition. Ils se croisaient, entremêlant leurs faisceaux de couleurs sans hésitations en suivant le flux de la connivence. Celui qui m'avait fait signe me mit une capsule dans la main en me tirant un peu par la manche. Les autres continuaient leur danse sans me prêter attention. Alors, j'ai fait gicler quelques éclaboussures rouges sur les flancs d'une espèce de grand serpent et j'ai rendu le flacon à son porteur.
J'ai raté mon train. Maintenant, chaque fois que je passe ici, mes yeux plongent vers la fresque. Des hommes y écrasent des enfants et mes taches sont les gouttes éparpillées d'un tourbillon de sang qui s'échappe vers les eaux brunes du fleuve en contre-bas. En légende ils ont écrit, " Les mots ne suffisent plus, on leur fait un dessin ! "
A quoi pensaient-ils en laissant ces peintures symboliques ? A qui peut bien s'adresser ce message ?
J'essaye juste de deviner. Et me souviens de cet instant dans la marge de leur temps ...
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