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Elle me parle des jours qui l’entourent et des hommes qui s’entrechoquent en permanence, elle me parle d’un volet qui claque du soir au matin, "c’est la mort" qu’elle me dit , elle raconte aussi les heures poisseuses à ne plus savoir qui on est, à faire danser les fantômes des absents, à tenter d’entretenir un feu de souvenirs humides et froids, des heures qui s’écroulent sous les pieds, un escalier pourri qui fait qu’on s’arrête et qu’on s’assied en priant une chose amère et floue. Et puis elle se tait, et ses yeux s’échouent dans mes yeux, rejetés par l’océan de son chagrin, alors je peux voir le voyage qu’elle porte en elle, une bible personnelle et usée. Elle se déshabille comme on déplierait la carte d’un désert salé « On m’a beaucoup menti tu sais… » J’en sais rien, je porte un voyage aussi, les voyages sont l'intime de Dieu, je ne comprends rien à tout ça, je tourne en rond.
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