|
Bonne femme à la peau sombre Qu’il est long le chemin Les chiens jaunes efflanqués Et les lions opulents autour
Après ta jeunesse grandiose L’astre de la vie Pose ses ombres au cadran solaire
Le désert dit le couchant Dans tes cheveux de bronze Là où tu ne chantes pas Là où ta jupe ne virevolte plus
Tu te souviens
De cette ribambelle d’enfants aux yeux immenses Éffarouchés Les pull-overs, les sarraus sales Les tas d’ordure, la crasse informe
Tu te souviens
Puis de tes bras trop grands À ne savoir qu’en faire Vilain petit canard
Et un jour tu te fis belle Tu devins princesse Peignant tes cheveux corbeau Telle une fleur au milieu des champs Pleine de sang chaud et de feu Ta voix rauque Tes yeux d’un noir profond Tsigane, gitane, plénitude
Douceur de la vigne Au goût sucré des grappes
Tu jouais de la mandoline Le soir près du feu Tu as chanté, tu as dansé Tu as aimé Avec ceux qui pleurent dans leurs violons Chemises blanches, manches plissées
Ton chez-toi c’était ta famille Tu as vécu dans l’ailleurs Aux endroits où il faisait bon vivre Tu étais un éclat de miroir Un parmi des milliers Perdus sur la Terre
Au désert…
Cavalier
|