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Le couteau qui coupe
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Écrit par Hervé G.
  
Les quêtes, quelle que soit leur finalité, n’en sont plus belles que par leurs merveilleux cheminements offerts au pérégrin.

Mon père, sa vie durant, chercha son Graal comme tout vivant.


Pour lui, c’était « le couteau qui coupe », au risque de vous paraître anodin, navrant, simplet d'enfantillage de mortel.

Mon père se mit alors en marche. D’abord du côté de l’aiguisant, faute de pouvoir changer de lame –pauvreté familiale oblige. Ainsi passa-t-il de simples cailloux aux pierres à faux, pour finir dans les ateliers de la Grande Fabrique, aux meules les plus dures, au grain le plus fin pour cette lame s’amincissant au fil du temps sans jamais donner à mon père ce qu’elle n’avait jamais cessé de promettre de couper.

C’était une question de nature d’acier, me confia-t-il un jour, comme péché à l’ombre du confessionnal. Mon père chercha alors la lame idéale. A l’époque, autant notre pauvreté que cette curiosité des autres nous poussaient à retourner les décharges à la recherche de ce que nous ne possédions point. Quelques couteaux intéressants émergèrent de ce brouillamini de chaises bancales, de livres à moitié dévorés et de rats fuyant la peur au cul. Disons que deux ou trois couteaux « acceptables » vinrent rejoindre notre table de cuisine.

Enfin, l’âge aidant, mon père se mit à perdre ses amis conscrits ou vieilles compagnes d’enfance. Et, parmi les survivants partageant chacun ses secrets les mieux enfouis, ce fut la veuve d’un boucher qui vint à lui confier « le couteau qui coupe ». Dés lors, mon père attend serein la mort, coupe son pain sans miette, sa viande sans fibre et moi, de nouveau enfant bouche bée, je regarde sans oser rien toucher.


Commentaires
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Chercher l'IP-enfantin  - La paysannerie française   |2010-02-02 13:07:15
Il est temps de grandir. L'empathie filiale est un cliché usité chez les ados. Il n'y a pas de quoi enjoliver, ce n'est pas la peine.
Car,
il y a autobiographie et autobiographie.
- Hmm, autobiographie fictive, oh que c'est beau! ou fiction autobiographique: oh, ah, oh! que c'est sensible!...
Parfois , il vaut mieux se taire - un plouc chasse l'autre, et cela demeure un plouc, hélas.
Continuer à mentir au dehors et au lointain, pour les pré-cité(s) affabulateurs sympatiques, réussit mieux.
Je n'oublie pas pr dire au-revoir la politesse d'usage:
;-)?
ou:
;)?
ou:
:-)?

Quelle fatigue de taper ça - au moins mille ans accordés à la médiocrité.
;)

Réponse de l'auteur :

Eh bien voilà... pas vrai que l'anonymat a du bon ? ;o)

Mireille   |2010-02-02 20:40:55
Indiana n'aurait pas dit mieux ;o)

Je voudrais ajouter, concernant le commentaire ci-dessus qui affirme en tout anonymat :
"L'empathie filiale est un cliché usité chez les ados." 

Que...
C'est très faux, car les ados (à de rares exceptions près), au contraire, rejettent complètement leurs parents ou cherchent à s'en éloigner, à ne surtout pas leur ressembler. Ils n'ont pas de regard d'empathie sur eux mais un oeil de lynx qui grossit leurs petits défauts.

Ce n'est qu'après, 
quand ils sont devenus réellement adultes, qu'ils commencent à dévisager leurs parents sans filtre et qu'apparaît alors l'empathie filiale. 

C'est le syndrôme du "grandir".

 :o)

Hervé, un beau texte sur le "chemin" et sur l'évolution de l'homme. Je le prends pour Bleu Indigo, celui-là.

Réponse de l'auteur :

Allez, Mireille, sûre que notre glorieux et courageux commentateur a voulu dire "l'empathie filiale chez les nouveaux nés", avec ça ça le fait, je pense. Pour le reste, je comprends qu'on puisse attendre d'autres textes plus... et plus... que ce frichti nostalgique... au travail donc ! ;o)

dkr   |2010-02-02 21:12:27
bon juste sous pretexte de te remercier d'avoir supprimé mon compte, et te demander S'IL TE PLAIT de supprimer les tesstes qui vont avec (je croyais que ça allait se fiare automatik??),

j'en profite pour te louanger (sans faux semblants) sur les images de couteau qui coupe, et des rats qui s'enfuient la peur au cul, hahaha! on croirait les voir (j'en ai pas vu bcp);

sur le fond, crois tu que les miettes soient à garder?

halal-là, peux pas m'empecher d'extrapoler.
beijo.
P

:)

Réponse de l'auteur :

Ah, Pierre, tu demandes maintenant le ménage complet... sais-tu que ça te coûtera plus cher ? (ne suis pas sûr de pouvoir le faire... d'un coup de baguette magique... t'es difficile, tu sais ? ) ;o)

Georges Elliautou   |2010-02-03 10:21:38
Un belle histoire où l'on sent le sentiment filial perdurer à l'évocation d'un objet symbolique, finalement.
Il faut sans doute ici différencier auteur et narrateur.

Réponse de l'auteur :

Comme disait un sacré vendeur de bagnole : l'occasion fait le larron ! Georges, dans le cas présent, auteur et narrateur ne feront qu'un, juste pour un hommage dirigé à d'autres lecteurs aussi, plus proches du pater en objet... ;o)

Claude Cordier   |2010-02-03 17:07:39
Peu importe le biographique ou pas, c'est une bien belle fable que celle-ci sur les faiblesses et les ratés de ces parents que petits nous rêvions capables de tout et surtout du meilleur.On ne met pas des enfants au monde afin qu'ils nous admirent, mais en tant qu'adulte on aimerait bien trouver un domaine où l'on pourrait s'estimer soi même un peu.
PS : Hervé toujours pas de notification de réponse aux commentaires par E Mail.....affute ton ordi.

Réponse de l'auteur :

L'âge nous permet de prendre du recul que la jeunesse ne permet pas, de découvrir des "choses" sur la durée. Quand j'étais gamin, mon père me cassait les burnes avec sa lubie, maintenant, cela me séduit beaucoup plus et m'aide à me comprendre et à en comprendre bien d'autres... Pour le service technique, ma Claude, encore une fois vous n'avez plus sur Fulgures l'équivalent de "Bob le Bricoleur", alors va falloir cotoyer l'imperfection un temps, le temps de... oui, je sais, bon dieu, le service de ce bastringue laisse à désirer ! ;o)

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