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Fleur de guerre jaillissante Au moment où tu pleures et cries Déjà tu t’élèves
Le sol tremble Une fumée épaisse éclot et se dilate Tu te lèves pour crever en toute beauté
Fleur de guerre débranchée Tu es cette brume d’où palpitent les torchères Cette fusée percutante qui illumine le no man’s land
Petit œil irradiant Eclat de raffinerie la nuit Des rideaux de velours tirent le deuil
Les hommes s’entrechoquent Des tuyaux s’embranchent et se multiplient Les indicateurs grimpent et s'éteignent
Fleur de guerre enracinée D’un trou de glaise retournée Tu t’élances pourrissante irradiée de gloire
La vieille dame est morte Ses enfants pleurent Ses petits enfants jouent
La vieille dame a dans les yeux L’espoir miraculeux Des derniers mots chuchotés
Tu es tapi dans ton silo Seul oublié sur les plateaux balayés Tu es pointé sur l’océan pour mieux te désarmer
Tu es un espoir de paix Tu es un amour fou Un baiser sur l’humanité
Terré dans l’abri aux mille radars Le vent souffle et gémit Tu te meurs délirant de menaces
Ce soir tu glisses dans les airs Tu coules et roules sur les toits Comme un souvenir pathétique
Comme un mauvais moment Comme un frisson glacé Comme si on voulait oublier
Fleur de guerre noyée dans la boue Tu mastiques une forme de revanche insensée Un espoir fou et insensé
Les gens passent en baillant S‘arrêtent sans un regard Piétinants les parois de ta volonté
Les gens rentrent et dorment Se réveillent et partent en frissonnant Inconscient de détermination
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