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Comme un étranger dans la ville Je suis plus seul qu'une ombre Et ma voix ne parle qu'à moi
Fred Neil
J'ai payé. Je suis monté. Chambre 8, ses senteurs moisi et son papier décollé, rien ne change dans notre hôtel miteux.
Je me suis déshabillé. J'ai allumé la radio, une station flamande, la seule qu'on capte à peu près correctement. J'ai encore oublié de prendre un CD et j'ai pas envie de redescendre à la voiture.
Je me suis assis sur le coin du lit, de mon côté.
J'ai cherché les courbes de tes formes, de ton côté. Evidemment, depuis tout ce temps, je n'ai rien trouvé.
J'ai ouvert la boite de sushis, je les ai mangés doucement, en partageant avec moi. J'ai abusé du wasabi, ça me brûle la gueule.
J'écoute les gémissements de la chambre voisine, madame semble aimer la fessée.
Je m'en roule une, à ta façon, un peu ratée, un peu fine.
Tu te rappelles que les dernières fois, c'est toi qui t'endormais ? Et moi je te regarde dormir, savourant d'être près de toi, y'a que dans le sommeil que tu sembles en paix.
Après une accalmie, la voisine reprend ses gammes, elle fait dans l'aigu ; ton souffle discret me manque.
Je ne prends pas de douche, je me rhabille, je reste un peu sur le pas de la porte,
la moquette est à changer...
Le lit n'est pas défait, les serviettes sont sèches et bien pliées.
J'éteins la lumière, je ferme.
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