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J'étais le Tueur à la moutarde |
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La moutarde est très irritante, surtout sur les seins. Elles ont toutes craqué rapidement et m’ont « confiées spontanément» leurs économies...
Il a poussé la porte. Son regard a balayé la pièce. Il allait me parler quand il fut pris d’une quinte de toux épouvantable. Je lui proposais un verre d’eau qu’il refusa et une chaise miteuse sur laquelle il s’écroula. Un fois les spasmes finis, il me dit d’une voix rauque :
-C’est vous l’écrivain public ? -Serge Pox, pour vous servir monsieur... -Vous êtes tenu au secret professionnel, comme les avocats ? -Bien sûr ! (J’avais tellement de mal à bouffer...) -Les toubibs disent que j’en ai pour six semaines, peut-être moins... -Vous savez les toubibs... -Non, ils ont raison. Mais c’est pas grave.
Il toussa de nouveau en grimaçant, cracha dans un mouchoir douteux une glaire franchement sanguinolente.
-Je veux que vous écriviez mon testament.
Je, soussigné Louis Mas, né le 18 mai 1911 à Lyon, avoue être le tueur à la moutarde...
Pendant trois heures, il se confessa, il donna tous les détails des 22 meurtres de dames aisées, d’âges mûrs retrouvées nues, le corps badigeonné de moutarde, toutes étranglées de la même manière. Il donna même la liste de celles qui auraient été ses futures victimes si la maladie...
Il me paya et partit après m’avoir laissé les consignes pour rendre public sa confession. Douze jours plus tard, je reçu un télégramme m’annonçant son décès.
J’aurai du porter la lettre aux flics mais j’ouvris l’annuaire et je cherchais le premier nom de sa liste. Eva K. 28 chemin Berthet. J’achèterai un pot de moutarde sur le chemin...
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