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Ainsi parlait Théophraste |
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l’âne qui a une âme autrement belle que celle de la plupart des humains
– Si les imbéciles ne se pensaient pas intelligents, le monde serait parfait. Et vous vivriez en harmonie, chacun à sa juste place. Mais il a fallu que la vanité, l’égoïsme et l’intérêt opèrent pour que tout sombre dans le désordre. Aussi je préfère plutôt sourire de vos stupides comportements que de m’impliquer à les redresser. Je ne suis ni le messie ni un tyran. Je ne peux de toute façon en rien changer votre mentalité et votre mode d’existence qui sont totalement irréfléchis. Et si vous existez encore, c’est grâce à quelques sages qui ont pu jusqu’ici éviter le pire à l’humanité au cours de son histoire. Mais la fin est proche. Et lorsque l’inconscience et la gabegie auront fait leur œuvre, lorsqu’il ne restera des ressources naturelles qu’un dernier brin d’herbe à l’ombre d’une dernière motte, lorsque la planète sera pelée jusqu’au roc, alors les os du dernier homme se dessècheront au soleil avant que de retourner à la poussière, poussière parmi la poussière qui règnera pour toujours.
Ainsi parlait Théophraste. Ainsi furent ces ultimes paroles avant qu’il ne s’en allât, chagriné de ne pouvoir m’emmener. Là où il se rendait, nul humain ne pouvait le suivre. C'est une contrée où seuls ses semblables, les animaux, vivent paisiblement ainsi que l’on décrit le paradis terrestre aux enfants du catéchisme. Il était malheureux de me quitter. Mais il savait que j’étais à jamais corrompu du fait de ma naissance. Et qu’il ne pouvait me sauver.
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