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Il y a elle en travers du lit. Je suis persuadé que nos corps se parlent, je veux dire tous les corps, une conversation « OFF » qui serait inaccessible à nos esprits, comme si c’était eux qui étaient aux commandes et les pensées un carburant. Ils échangent sans passer par l’esprit ni même l’inconscient, des corps étrangers en quelque sorte dont nous serions les otages. Peut être que nous sommes vivant ailleurs et qu’ils sont notre au-delà. C’est à ça que je pense en l’envisageant de ma chaise, la vague immobile du drap froissé laisse flotter une fesse et la moitié de l’autre et sa peau parle à la mienne. Je ne la connais pas, hier soir on a quitté le bar du motel avec des sons feutrés aux semelles et la musique d’une machinerie d’ascenseur dans les cheveux, pourtant son corps m’est familier, comme si c’était une autre dans une robe neuve, peut être que mon corps la connaissait déjà. J’ai envie d’aller chuchoter à son âme, doucement pour ne pas la réveiller, qu’on devrait se tirer d’ici par la bouche d’aération, un suicide comme une grivèlerie je dirais, mais je ne le fais pas car il faudrait céder à la folie et je ne suis pas prêt. Sur le parking, d’autres corps qui s’affairent. Je laisse s’éteindre le voyant de chauffe en observant mes mains sur le volant. Je vois mon visage dans le retro il me sourit. Çe sera pour une autre fois.
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