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Dormir dans les bibliothèques |
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T’aurais dû me voir lisant du Marx T’aurais dû me voir dormir dans les bibliothèques Notre fille ne s’est pas encore réveillée et nous prenons notre petit déjeuner sans faim Tu me demandes si je veux encore du café...
... tu n'as pas chaud La cuisine est une pièce froide nécessitant un vêtement supplémentaire Tu portes ton vieux peignoir bleu je considère que tu es toujours aussi désirable
T’aurais dû me voir lisant du Marx T’aurais dû me voir dormir dans les bibliothèques Il pleuvait sans discontinuer dans ta chatte et sur nos cheveux Nos deux visages enchantés penchés en avant dégoulinaient La pluie perlait sur nos dos courbés la pluie perlait sur nos dos pressés Rentrer et vite mais tu t’es immobilisée devant une vitrine d’aquariophilie
Du fond des chaises je trônais parmi les auteurs M’assoupissais et tournais de l’œil en dodelinant de la tête J’étais totalement inconscient Des courants d’air dans la maison froide Notre enfant qui dort on ne sait plus comment Mon sperme n’a rien à voir avec tout cela Mon sperme est net comme la bible chérie J’ai aimé quand tu as stoppé notre course sous la pluie chérie
Du fond de ma chaise les livres chutaient comme des oiseaux morts Du fond de ma chaise avec la tête rejetée en arrière parmi les étudiants studieux Les gens gris allaient et venaient glissant dans les rayonnages Indifférents Je dormais et j’ai toujours dormi C’était foutu et nous et nos enfants et je le savais et tu le savais aussi Aujourd’hui en cet après midi de pluie tu étais fascinée par les aquariums Je te trouvais formidable arrêtée sur le trottoir Nous ne sommes jamais définitivement morts
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