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Papa profitait toujours des vacances pour nous présenter son " pays " sous son plus avantageux profil !
C'était sur la Jeanne d'Arc qu'il avait fait son service militaire et servi en tant que technicien-radio, responsable des transmissions. Ce petit bâtiment de guerre, dont il conservait une reproduction sur toile, simplement posée en haut de l'armoire, dans la maison de vacances finistèrienne, avait été le théâtre de nombreuses peripéties qu'il nous distillait avec jubilation. Tandis qu'il jouait au guide, un petit crachin typique nous pénétrait insidieusement, mais, comme nous buvions ses paroles pleines d'images avec une réelle gourmandise, il continuait son récit. Il fallut qu'une grosse bourrasque venteuse nous amène un grain violent pour que toute la famille s'engouffre dans un petit bistrot du port. Notre entrée a stoppé d'un coup les conversations et tous les yeux pénétrants des marins nous sont tombés dessus. Faut dire qu'à l'époque, les touristes étaient toujours un peu des étrangers ... Mais papa s'est mis à saluer la compagnie en breton, avec l'accent tellement particulier de la région, et là, miracle, les visages se sont ouverts tout grand, les langues se sont à nouveau déliées et certains sont même venus nous serrer la main. Papa était un magicien. J'avais envie, moi aussi, de devenir comme lui. Nous avons commandé à boire et quand il a choisi un thé au lait, j'ai voulu la même chose, comme un premier accés à ses dons et à son univers incroyablement mouvant. Et voilà comment, sur les coups de onze ans, je me suis convertie à cette boisson pour la vie !
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