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La complainte de l’artiste qui a marché sur un escargot |
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et qui s’en désole – à en croire le poème qui suit et qu’il vient d’écrire in memoriam
Un jour sur le chemin qui mène à mon auto j’ai marché sur un escargot. C’est pas malin !
Depuis je reste chez moi ne mettant que le nez dehors que ce petit bout de mon corps pour ne point risquer ma foi
d’écraser un autre escargot
Mais je vois poindre un étonnement à l’horizon vu de ma fenêtre sans doute un butor ou un être qui pleurniche à tout moment
Que Dieu me garde de ces tristes qui ont en leur vie de ringard un ou deux grains de retard sur le regard des artistes
Faites attention aux escargots
Bien qu’ils fassent des ravages dans les jardins où poussent des salades Encore que les miennes soient malades parce qu’elles n’ont pas été sages
Mais il me faut arrêter là cette complète en roue libre qui de ma peine me délivre pour qu’elle ne tombe point à plat
Ne marchez pas sur les escargots
PS : L’artiste demande que le lecteur daigne bien lui pardonner de n’avoir pas eu le courage de respecter le nombre de pieds ; mais il faut dire qu’il ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant depuis qu’il a marché sur un escargot. Que cela soit dit et gravé dans le bronze !
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