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extrait de mon journal blogué
Je me trouve chez mon frère pour les fêtes et je suis allongé dans la grande baignoire au milieu de la salle de bain, il est 11h 30 du matin, la baignoire dont l'émail n'est pas fêlé. J’ai horreur de prendre ma douche assis, cela me fait croire que je suis bien plus vieux que mon âge, j’ai quelques pansements sur les bras les jambes et aux coudes.
La vision m’apparaît : 501 corps allongés dans une salle des fêtes, l’un d’eux tente de s’enfuir, il est fusillé sans sommation, la balle rebondit contre les fenêtres, contre le ciel et se plante dans la neige dehors, 500 corps allongés et dévorés par les fourmis. Elles sucent d’abord à la surface, ces gigantesques fourmis, d’abord à la surface et puis dans le flou de ma vision les insectes parviennent à pénétrer l’organisme, dérèglent le sang comme un sida, avalent les cellules et recrachent d’autres cellules plus meurtrières, c’est un jeu vidéo, un Pacman, un corps se redresse comme un fantôme, attrape une serviette en coton épais, se sèche, lui aussi est fusillé sans pitié, l'echo de la balle est un feulement glacé, il retombe dans la baignoire, dans un choc, il est couché sur le côté sa langue pend, le reste de sa bouche est ficelé par une sorte de lacet de chaussure, il ne peut pas crier alors il ne crie pas, il est l'un des 499 et cette notion le rassure (il voit un grand immeuble prendre feu), l’empêche d’avoir cette envie de hurler qui pourrait rendre sa mort encore plus douloureuse et encore plus vicieuse.
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