|
Mes deux cœurs finalement ont jailli de ma poitrine, ont tracé une courbe rationnelle, de fines brûlures d’argent dépassaient du trait. C’était au matin à travers la chambre. J’avais dormi en compagnie d’un singe, son pelage poussière avait laissé un goût dans ma bouche, ses pieds de géant continuaient de marteler ma tête. Que tu meurs… Je me suis dit… Que les théoriciens en général se souviennent de toi…
Je me suis levé et me suis mangé un ongle tout entier. J’ai regardé la courbe tracée en finissant mon ongle, des points d’argent dépassaient toujours comme de petites soudures, je me suis envoyé 3ml depuis la seringue jaunie jusqu’à travers ma peau.
Etendu à présent sous la courbe qui me sert d’étoile. Mon dos vu d’en haut apparaît musclé, anguleux et huileux, mes cheveux rasés. C’est la nuit qui s’enfonce dans ma lampe de chevet. J’ai un dos, une coiffure de pédé. La courbe trace comme les contours d’un rapporteur ébréché, les filaments d’argent sont les coulures du temps que ma bouche aurait crachées en hélant ton nom. Que tu meurs… Que l’irrationnel et le rationnel se mêlent à ton image et que tu passes la porte, dans le sens qui te plaira.
|