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Presque tout le secret des grands coeurs est dans ce mot : Perseverando.
J’attends ou je ne l’attends pas… cet appel qui m’effondrera ou me réjouira. Cet instant où ma vie basculera. Hier soir, elle me semblait si frêle. Elle souffrait en silence près de moi. Je lui caressais les jambes pour essayer de l’endormir. Mais son regard opaque était rivé sur moi, sur mon ombre. Dors ma douce, repose-toi. Je veille sur toi, pensai-je. Ce matin, ils ont dû l’emporter dans ce monde confiné et froid. A midi, où sera-t-elle ? Dans quel espace-temps ? Dans le mien ? Dans celui des siens disparus ? Ou entre deux ? Pas de souffrance, sont ces mots qui nourrissent mes prières ! L’attente est longue, mais l’espoir existe encore. J’ai peur. Les souvenirs de mon enfance avec elle m’envahissent. Sa voix me parcourt de haut en bas. Son parfum chatouille mes narines. Je la sens là, près de moi, malgré tout. Ou est-ce moi qui suis près d’elle. Le temps est en suspens comme une horloge qui s’arrête peu à peu. On aimerait changer les piles pour entendre à nouveau son clic clac. Mais la vie n’est pas ainsi. Quatre-vingt-dix neuf ans de vie bien remplie…d’amour. J’aimerais lui en offrir d’avantage. Toujours. Hier soir, je lui susurrais encore dans le creux de l’oreille de rester. Aujourd’hui, à deux cents kilomètres, j’attends cette voix qui me dira… Je l’accompagne.
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