|
ce qui explique pourquoi les com’ sont exceptionnels (rares)
Je suis tellement content de moi que je me donne des baffes à n’en plus les compter. Ce qui du reste n’est point chose donnée, vu ma méconnaissance des chiffres et ma nonchalance héritée de parents indolents et accros à la caisse de bières. Mais là, l’effort produit ne m’a coûté, pour me remettre, qu’une semaine de congé à prendre dès relaté le fait extraordinaire qui suit :
Or donc, je baguenaudais sur un chemin couvert de pétales de rose et sous une pluie de fleurs du pêcher, lorsque m’apparût la femme de ma vie sous l’aspect flamboyant d’un ange à la poitrine bien dessinée. Dire que j’en fus ébloui serait de peu d’utilité, tant cette apparition défie toute tentative d’affermissement de la vérité et tout essai de convaincre l’honorable lecteur de la chance à moi octroyée par une puissance bien supérieure à notre misérable état de mortels…
Je m’agenouillai, joignant les mains et chantant d’une voix de fausset – hélas ! – un te deum pour l’ange femelle dont j’attendais le septième ciel. Elle me regarda, eut un soupir qui souleva sa poitrine bien dessinée, puis s’envola à tire d’ailes, et disparut enfin derrière un rose nuage.
Mais alors, objecterait l’honnête lecteur, en quoi cet épisode de la vie de celui qui veut bien le narrer mérite-t-il mon attention si c’est pour se terminer de si pauvre façon ? Et pourquoi est-il si content de se donner des baffes ?
Je n’en sais rien, pourrais-je répliquer si j’étais incorruptible.
|