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de…
Je réalise avec stupéfaction que ce que je viens d’écrire, et que je n’ose montrer à l’honnête lecteur, est d’une telle nullité que j’en rase les murs avec le dernier rasoir cinq lames d’une marque bien connue. Et ce sans crème et autre after-shave d’une quelconque multinationale. Vrai, qu’un écrivaillon de mon tonneau ose noircir des feuilles blanches au détriment de la respiration d’une planète déjà bien mal en point, est insupportable. Il est tant de génies qui rament comme des damnés pour lutter contre vents et courants contraires à bord de galères où se déchaînent – pas les galériens, bien évidemment – des critiques habillés de peau de vache et maniant le fouet de la déraison. Que je sois encensé par ceux qui ne savent pas reconnaître un véritable écrivain, et qui s’acharnent à dénigrer les vrais auteurs, me navre. Aussi viens-je, vêtu de la chemise de nuit de mon grand-père, la corde au cou et les pieds nus, m’agenouiller devant le Prince des poètes pour l’implorer de me couvrir de goudron et de plumes afin de signifier ma tricherie aux foules étourdies par ma superbe de naguère.
Encore que si l’on me mène au bûcher, il ne serait point bon que brûlassent ce goudron, ces plumes et mon indigne personne accompagnée de tous ses minables écrits. Cela serait même désastreux pour la planète, parce la fumée et les vapeurs toxiques résultant de l’autodafé rajouteraient à l’effet de serre et à l’empoisonnement de la susdite.
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