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J’écris des textes littéraires pour vous faire plaisir. Si ça ne tenait qu’à moi, je ferais plutôt du tir en forêt le dimanche à l’aube, je serais pote avec mon armurier et nous fusillerions des briques de lait ensemble.
Je ferais du foot dans l’équipe de mon village. Je serais un libéro qui rêve de passer avant-centre, un homme de ce genre-là, je me donnerais néanmoins à 100% pour mon équipe et participerais sans ciller aux réceptions d’après match. Ensuite je placerais mon sac de sport en bandoulière autour de mon épaule et sifflerais en trottinant jusque chez moi. Il n’y a pas de honte à cela, je vois déjà des sourires mauvais étirer votre peau jaunie de tabac américain. Si vous pensez qu’il y a une honte à cela vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Pour comprendre il faut se figurer un nuage en haut à droite de votre esprit, une sorte de vapeur grise dans un ciel brun. C’est une nuée d’insectes grouillants qui portent en eux le virus de vos peurs fantasmagoriques. Ce que vous appelez votre imaginaire mais qui n’est pas grand-chose de plus que le regard des autres, on pourrait facilement le comparer à un café mal filtré, votre âme fragmentée ayant depuis longtemps cessé d’être une machine fiable. En bas à gauche, au niveau de votre rein, la petite piscine de vos émotions, l’eau y est verte et calme et fraîche, on dirait un de ces trous dans la garrigue en Provence,un éclat d’obus où s'étale une rivière. Arrêtez avec vos textes littéraires ! Ce que vous êtes au fond c’est : un tireur sur briques de lait, un footballeur motivé, un président d’association loi 1901, un bon ami à moi, un scieur de bois, un feu dans la cheminée, vous êtes l'heure d'aller se coucher, une bûche, une luciole…
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